Outside playing : jouer en dehors de la gamme sans fausse note

🎁 Le guide pour maîtriser les 52 accords à la guitare

Découvre la liste complète pour progresser rapidement 👇

Commencer maintenant

L’outside playing à la guitare consiste à quitter volontairement la gamme du morceau, puis à y revenir avant que la ligne ne sonne faux. Bien exécutées, ces notes « dehors » ne sont pas des erreurs : elles créent une tension que la résolution rend expressive. Cette page part d’un exemple sonore immédiat, puis explique le principe tension-résolution et détaille les trois approches principales : le chromatisme, le side-stepping et la superposition d’arpèges. Tous les exemples sont en La mineur, prêts à jouer.

In – out – in : une mesure dedans, une mesure dehors, résolution sur La
L’exemple à jouer avant toute théorie : pentatonique de La, puis pentatonique de Si bémol un demi-ton plus haut, puis retour et résolution sur La.

À jouer sur un accord de Am tenu ou une boucle en La mineur. La deuxième mesure sonne étrange isolément ; enchaînée entre les deux autres, elle sonne audacieuse. Toute la technique tient dans cette différence.

Pourquoi l’outside playing ne sonne pas faux

Une fausse note est une note étrangère qui s’arrête au mauvais endroit : l’oreille la perçoit comme un accident. Une note outside est la même note, mais insérée dans un trajet clair : la ligne quitte la gamme, maintient la tension un court instant, puis résout sur une note de l’accord. L’oreille entend alors une intention, car la tension est suivie d’une détente. En harmonie, ce couple tension-résolution est le moteur de toute la musique tonale ; l’outside playing ne fait que l’exagérer.

Trois éléments renforcent cette lisibilité. Le rythme, d’abord : une sortie jouée en croches régulières, sans hésitation, est perçue comme voulue ; la même sortie jouée de façon flottante est perçue comme une erreur. La direction, ensuite : une ligne qui monte ou descend franchement pendant la sortie donne à l’oreille une trajectoire à suivre. L’attaque, enfin : les notes dehors se jouent avec la même conviction que les notes dedans, jamais en retrait.

Le cycle de l'outside playing
Le cycle complet : rester dedans, sortir brièvement, résoudre sur une note de l’accord placée sur un temps fort.

Deux conditions rendent la sortie lisible. D’abord la brièveté : deux temps dehors suffisent, au-delà l’oreille perd le fil. Ensuite le contraste : la sortie porte d’autant mieux que ce qui précède est clairement dedans, par exemple une phrase bien assise sur la pentatonique mineure.

Les 3 approches de l’outside playing à la guitare

1. Le chromatisme d’approche

C’est la porte d’entrée la plus douce. Des notes étrangères relient deux notes de la gamme par demi-tons : la ligne sort à peine, car chaque note étrangère est immédiatement en route vers une note cible. Dans l’exemple suivant, la montée Do# – Ré – Ré# conduit vers Mi, quinte de l’accord.

Approche chromatique : la ligne quitte La mineur puis atterrit sur Mi
Une montée chromatique en La mineur : les notes étrangères Do# et Ré# passent en chemin vers le Mi final.

Placées sur les temps faibles et jouées en croches régulières, ces notes de passage traversent l’harmonie sans l’abîmer. Les six façons de les placer sont détaillées dans l’article sur le chromatisme à la guitare.

2. Le side-stepping : la pentatonique un demi-ton au-dessus

Le side-stepping est la méthode de l’exemple d’ouverture. Le principe : déplacer toute la pentatonique un demi-ton au-dessus, ici Si bémol mineur au lieu de La mineur, sans changer de doigté. La main joue un schéma connu, décalé d’une case ; l’oreille entend cinq notes toutes étrangères à la tonalité, donc une tension maximale, mais organisée. Le retour s’effectue en redescendant d’une case, et la phrase se conclut sur une note sûre.

L’intérêt pédagogique est considérable : aucune nouvelle position à apprendre. Tout guitariste qui maîtrise les cinq positions de la pentatonique dispose déjà du matériel outside correspondant, une case plus haut ou une case plus bas. Le décalage vers le bas, La bémol mineur sur La mineur, fonctionne aussi ; il sonne légèrement moins tendu, car il partage une note avec la tonalité. Dans les deux cas, la règle reste la même : sortir sur un temps faible ou sur la deuxième mesure d’une phrase, revenir avant le temps fort suivant.

3. La superposition d’arpèges étrangers

Troisième approche, plus ciblée : jouer l’arpège d’un accord qui n’est pas celui de la grille. Sur Am, une triade de Mib majeur (Mib-Sol-Sib) ne partage aucune note avec l’accord : la superposition crée une couleur flottante, presque atonale, que la résolution ramène au sol.

Superposition : triade de Mib majeur sur un accord de Am, puis résolution
Arpège de Am, puis triade de Mib majeur superposée, puis résolution sur La. Trois notes dehors suffisent.

Le choix de la triade étrangère se fait d’abord à l’oreille. Deux repères donnent des résultats fiables : la triade située un demi-ton au-dessus de l’accord, Sib majeur sur Am, et celle située au triton, Mib sur Am, comme dans l’exemple. Plus la triade partage de notes avec l’accord, plus la couleur est douce ; moins elle en partage, plus la tension est vive. Un exercice simple consiste à jouer la triade de l’accord, puis la triade étrangère, puis de nouveau celle de l’accord, en boucle, pour entendre précisément le degré de frottement de chaque superposition.

Deux références à écouter : Scofield et Holdsworth

L’outside playing s’apprend autant par l’écoute que par l’exercice. John Scofield en est la référence la plus accessible : son jeu ancre chaque phrase dans le blues, puis la fait déraper par side-stepping et chromatismes avant de la ramener au bercail. Ses albums avec Miles Davis dans les années 1980, puis ses disques en trio, offrent des dizaines d’exemples de sorties courtes et parfaitement résolues. Son parcours est détaillé dans la biographie de John Scofield.

Allan Holdsworth, disparu en 2017, représente l’autre pôle : des gammes personnelles très étendues, des lignes legato qui traversent les accords sans marquer les barres de mesure, une conception presque saxophonistique de la guitare. Chez lui, la frontière entre dedans et dehors se déplace en permanence, tout en restant contrôlée. Son approche est décrite dans sa biographie, et sa page Wikipédia retrace son parcours, de Soft Machine à ses albums solo.

La règle d’or : résoudre sur un temps fort

Les trois approches obéissent à la même règle de sortie de crise : la phrase doit revenir sur une note de l’accord, placée sur un temps fort, de préférence le premier temps de la mesure suivante. Sur Am, les cibles sont La, Do et Mi. C’est cette note d’arrivée que l’auditeur retient : si elle tombe juste, tout ce qui précède est validé rétroactivement.

Méthode de travail en trois étapes. D’abord, jouer la note cible seule sur le premier temps, plusieurs fois, pour l’entendre. Ensuite, construire la sortie à reculons : deux temps dehors qui mènent à cette cible. Enfin, allonger progressivement la partie outside, sans jamais déplacer la résolution. Ce travail suppose une pulsation solide ; il complète naturellement le vocabulaire « dedans » construit dans le guide de l’improvisation jazz à la guitare.

Le terrain d’entraînement idéal est une boucle statique : un seul accord de Am, ou un vamp Am7 – D7, tenu plusieurs minutes. L’harmonie immobile laisse toute l’attention disponible pour le trajet dedans-dehors-dedans. Éviter en revanche, au début, les grilles qui modulent : quand les accords bougent déjà, l’oreille ne distingue plus ce qui est une sortie volontaire de ce qui est un simple retard sur le changement.

Comment travailler l’outside playing à la guitare sans fausse note ?

L’outside playing à la guitare repose sur un contrat simple : toute sortie de la gamme s’achète avec une résolution claire, sur une note de l’accord et sur un temps fort. Les trois approches se travaillent dans l’ordre de cette page : chromatisme d’approche pour habituer l’oreille aux notes étrangères, side-stepping pour sortir franchement avec un doigté connu, superposition d’arpèges pour cibler des couleurs précises. Conseil pratique : sur une boucle en La mineur, imposer un format fixe, une mesure dedans, deux temps dehors, résolution, et le répéter jusqu’à ce que le retour tombe sans réfléchir. La liberté vient de ce cadre, pas de son absence.

Questions fréquentes

L’outside playing est-il réservé au jazz ?

Non. Le jazz fusion l’a popularisé, mais le principe tension-résolution fonctionne aussi en rock, en métal ou en funk, dès que l’accompagnement est stable.

Combien de temps peut-on rester dehors ?

Un à deux temps pour débuter. Plus la sortie dure, plus la résolution doit être évidente : note de l’accord, temps fort, appui net.

🎁 Le guide pour maîtriser les 52 accords à la guitare

Découvre la liste complète pour progresser rapidement 👇

Commencer maintenant
Recevez le guide des accords à la guitare OFFERT ! Insérez votre prénom et votre mail