Les degrés d’une gamme, en musique, désignent la position de chaque note par rapport à la tonique : premier degré, deuxième degré, et ainsi de suite jusqu’au septième. On les note en chiffres romains, I II III IV V VI VII. Cette numérotation paraît abstraite au premier abord. Elle est pourtant l’outil le plus concret qui soit : elle permet de transposer une chanson en quelques secondes, de lire n’importe quelle grille d’accords et de dialoguer avec d’autres musiciens. Cette page explique la notation, ses règles d’écriture et ses usages, avec la gamme de Do majeur comme fil rouge.

Que sont les degrés d’une gamme en musique ?
Une gamme est une suite de notes ordonnées, par exemple Do Ré Mi Fa Sol La Si pour la gamme de Do majeur. Le degré est simplement le rang d’une note dans cette suite. Do est le premier degré, Ré le deuxième, Mi le troisième, et ainsi de suite. La note de départ, appelée tonique, porte toujours le degré I.
L’intérêt de cette numérotation tient en une idée : le degré décrit une fonction, pas une note précise. Ainsi, « le degré V » désigne Sol en Do majeur, mais Ré en Sol majeur et La en Ré majeur. La note change, le rôle reste identique. C’est exactement ce qui rend les degrés universels : ils décrivent la musique indépendamment de la tonalité. Chaque degré porte d’ailleurs un nom traditionnel, hérité du solfège classique.
| Degré | Nom | En Do majeur | Rôle |
|---|---|---|---|
| I | Tonique | Do | Centre de gravité, point de repos |
| II | Sus-tonique | Ré | Note de passage au-dessus de la tonique |
| III | Médiante | Mi | Donne la couleur majeure ou mineure |
| IV | Sous-dominante | Fa | Éloignement, ouverture |
| V | Dominante | Sol | Tension qui appelle le retour au I |
| VI | Sus-dominante | La | Repos secondaire, relative mineure |
| VII | Sensible | Si | Attire fortement vers la tonique |
Pourquoi des majuscules et des minuscules dans la notation ?
Sur chaque degré d’une gamme, on peut construire un accord en empilant une note sur deux. En Do majeur, cela donne sept accords : certains sont majeurs, d’autres mineurs, un seul est diminué. La notation moderne encode cette information directement dans le chiffre. Une majuscule (I, IV, V) indique un accord majeur. Une minuscule (ii, iii, vi) indique un accord mineur. Le petit cercle (vii°) signale un accord diminué, c’est-à-dire un accord mineur dont la quinte est abaissée d’un demi-ton.
Dans toute gamme majeure, la répartition est toujours la même : I, IV et V sont majeurs ; ii, iii et vi sont mineurs ; vii° est diminué. Ce schéma se répète dans les douze tonalités, car il découle de la structure de la gamme elle-même. Retenir cette répartition une seule fois suffit donc pour toutes les tonalités. La construction détaillée de ces accords, note par note, est expliquée dans le guide des accords de guitare.


À quoi servent les degrés concrètement ?
Trois usages justifient à eux seuls l’apprentissage des degrés. Le premier est la transposition. Une chanson écrite C – Am – F – G se lit I – vi – IV – V. Pour la jouer en Sol majeur, il suffit de traduire : G – Em – C – D. Aucun calcul d’intervalle, aucune hésitation : la formule en degrés se déplace d’un bloc vers la nouvelle tonalité.
Le deuxième usage est la lecture des grilles. Des milliers de morceaux reposent sur une poignée de formules en degrés. Un guitariste qui pense en degrés ne voit plus une suite d’accords isolés, mais une structure connue : il anticipe l’accord suivant au lieu de le déchiffrer. Le troisième usage est la communication. « On joue un un-quatre-cinq en La » suffit à lancer un morceau entre musiciens qui ne se sont jamais rencontrés. Les degrés forment ainsi une langue commune, indépendante de l’instrument.
Quels sont les enchaînements célèbres écrits en degrés ?
Trois formules dominent la musique occidentale, et toutes trois s’énoncent en degrés. La première, I – V – vi – IV, structure une part considérable de la pop : en Do majeur, elle donne C – G – Am – F. La deuxième, ii – V – I, est la cadence reine du jazz : Dm – G – C en Do majeur. Son fonctionnement, ses doigtés et ses variantes sont détaillés dans l’article sur le 2-5-1 à la guitare. La troisième est la grille de blues en douze mesures, qui n’utilise que les degrés I, IV et V : quatre mesures de I, deux de IV, deux de I, puis V – IV – I – V. En La, cela donne A, D et E ; en Sol, G, C et D. La formule reste la même, seules les notes changent.
Ces trois enchaînements ne sont pas interchangeables par hasard : ils reposent tous sur la même hiérarchie interne de la tonalité. Chaque degré appartient en effet à une famille fonctionnelle. La tonique (I, et par extension iii et vi) crée le repos. La sous-dominante (IV, et ii qui la remplace souvent) amorce le mouvement. La dominante (V, et vii° qui en partage les notes) crée la tension qui réclame le retour au repos.

Comment entendre les degrés sur le manche ?
La théorie devient utile quand l’oreille suit. Un exercice simple relie les deux : jouer la gamme de Do majeur lentement sur les cordes de La et de Ré, en nommant chaque degré à voix haute. L’objectif n’est pas la vitesse, mais l’association durable entre le son, le chiffre et la position du doigt.

Une variante développe l’oreille plus vite encore : jouer la tonique, puis un degré au hasard, et chanter la note avant de la jouer. En quelques semaines, le V et le vii° deviennent reconnaissables instantanément, car ce sont les degrés les plus tendus. Toutefois, un point de vigilance : les degrés décrits ici valent pour la gamme majeure. En mineur, la répartition majuscules-minuscules change (i, iv et v deviennent mineurs), et l’armure de la tonalité s’en trouve modifiée. L’article sur l’armure en musique explique comment relier tonalité, dièses et bémols.
Comment retenir les degrés d’une gamme en musique ?
Les degrés d’une gamme se résument à trois règles courtes. Un : chaque note de la gamme porte un chiffre romain de I à VII, compté depuis la tonique. Deux : la casse du chiffre donne la nature de l’accord, majuscule pour majeur, minuscule pour mineur, ° pour diminué. Trois : en majeur, la répartition est fixe, I ii iii IV V vi vii°, dans les douze tonalités. Le conseil pratique : prendre chaque semaine une chanson connue, écrire sa grille en degrés, puis la rejouer dans une autre tonalité. Cet aller-retour vaut tous les exercices théoriques. Pour approfondir le vocabulaire classique autour de la notion, la page Degré (musique) sur Wikipédia complète utilement cette base.
Questions fréquentes
Pourquoi note-t-on les degrés en chiffres romains ?
Pour les distinguer des autres chiffrages musicaux et rendre la casse lisible : majuscule pour un accord majeur, minuscule pour un accord mineur.
Les degrés changent-ils d’une tonalité à l’autre ?
Non, c’est leur intérêt : la formule I ii iii IV V vi vii° reste identique dans les douze tonalités majeures, seules les notes changent.
Que signifie le petit cercle dans vii° ?
Il indique un accord diminué : tierce mineure et quinte diminuée. En Do majeur, c’est Bdim, formé des notes Si, Ré et Fa.

